Hey oui, je suis de retour a El Calafate... apres 8 jours sur la route... je vous explique... attachez votre tuque...
Depart de El Calafate difficile... j'étais bien ici. Du bon monde, de la bonne bouffe, une super auberge pas chère... Une belle journée de vacance qui a passé trop vite a planifier mes prochains jours de route. Cependant, je suis parti avec le vent dans le dos et plein de beau souvenirde cette belle ville. Apres avoir failli faire un detour par l'aeroport afin de revenir prendre une bière avec vous, j'ai finalement parcourru un 100km sans trop de problème. J'allais faire face a plusieurs decisions sur la route. Je vous explique.

Je devais me rendre a Villa O'Higgins, au Chili mais le traversier entre cette ville et la cote au Nord de El Chalten (Candelario Mansilla) est bien evidemment fermé pour l'hiver. Première décision, est-ce que je vais vérifier a El Chalten s'il n'y a pas un moyen de traverser le Lac mème en hiver? J'hésite pendant une heure a l'intersection de la route pour aller à El Chalten... Je décide d'y aller, mais le vent est tellement fort qu'il me convainc de le suivre vers Tres Lagos, ou je devais prendre ma deuxième décision. Vais-je par la route nationale 31 afin de contourner le Lac a pied avec mon velo et mon équipement (40 Kilo)

comme l'a fait Fred (ami de Nick Sylvestre) et sa copine en 2003? Troisième option, aller par la route 40 en Argentine vers Perito Moreno et couper vers la caratera australe au Chili par après. Pour vous dire bien franchement, j'en ai plein le cul de la pampa argentaine et de son foutu vent de fou. De plus, un polonais de l;auberge a El Calafate m'a dit qu'il n'y avait presque pas d'eau sur la route, et encore moins de villages pour pouvoir s'abreuver... 5 jours avec 4litres d'eau seulement, c'est pas facile... Ma désicion était pas mal prise... mais je demanda à la gendarmerie de Tres Lagos ce qu'ils en pensaient. Ils m'ont dit que ce n'etait vraiment pas une bonne idée, que ca allait me pendre 10 jours... 10 jours? Je les crois évidemment pas, je pars quand meme... Apres avoir campé sur le terrain d'un sympathique couple qui travaille à la station service, je pars sur la route 31 vers Lago San Martin.
De 7h à 11h, la route va bien: pas trop de vent et un beau soleil. Mais à 11h, le vent, comme à son habitude en patagonie, fait son apparition... À 14h, c'est insupportable... je dois marcher a coté de mon vélo, je ne peux plus avancer a cause du vent... Il me fait littérallement sortir de mes gonds... Je quitte la route vers une estancia (ranch) afin d'y passer la nuit... Vent de coté, je ne réussi même pas a tenir la route... mon rack avant brise... je n'ai plus d'eau... J'ai mal à la gorge... L'estancia est abandonnée... il n'y a que des cadavres de chèvres et de vaches mais il y a de l'eau et un endroit à l'abris du vent. Je répare mon vélo, je mange et je dors... Je prvois partir le lendemain a 4h du matin afin de parcourir le plus de distance avant que le vent se lève.
Mais le vent ne cessa pas... il continua de souffler jusqu'au lendemain... j'hétire donc ma nuit de quelques heures afin de ne pas agraver le rhume qui rode à l'horizon et je pars à 8h. Vent de face, la musique me calme un peu... je réussi a me rendre à la Estancia La Federica. Un nouveau paysage s'ouvre a moi. Un grand Lac turquoise m'acceuille entouré de la fameuse cordilliaire des andes... fini la pampa argentaine!!!
Un monsieur, super sympathique m'acceuil avec du thé et du bon pain frais. Je goute enfin à l'hospitalité des fermiers patagoniens. Il me dit que si j'arrive à passer la Rio Fossil, normalement intraversable a pied, j'aurais alors la voie libre pour O'Higgins. Il me recommande de demander aux gens de la prochaine estancia s'ils peuvent m'aider. Il est 14h, je parcours les 15 autres km avec le sourrire aux lèvres...

La personne à la estancia Siera Nevada (plus ou moins sympathique) me confirme que le niveau de la rivière est basse, et qu'il est possible de la traverser à pied. Je campe dans leur ancienne écurie et je pars le lendemain première heure!
Belle journée en perspective, la traversé de la rivière est plutôt froide mais sans trop de douleur au pied grace a mes Crocs (merci Nic!). Après avoir eu la chance de traverser qualques autres petites rivières avec un tracteur, gracieusité d'un fermier qui passait par là, je dois alors planifier comment je vais transporter mes 40 kilo d'equipement ainsi que mon vélo...
Impossible de traverser les périeuses falaises avec tout en même temps, je dois faire un voyage avec mon équipement et un voyage avec mon vélo à l'épaule. Je parcours une certaine distance quand même durant la journée et quand j'arrive à la première péninsule que j'appercevais depuis le début de la journée, je me dit que j'appercevrai surment Villa O'Higgins au loin et je pourrai calculer à vue la distance qui me sépare de mon but. À mon grand désarois, ce que j'appercois me subjuge... Une longue lignée de montagnes aux cimes enneigées longe le Lac jusqu'à une autre péninsule beaucoup plus loin... Je me dis que O'Higgins sera surement de l'autre côté de cette autre péninsule... Il est 17h, je dois continuer ma route... pas de temps a perdre... et si j'avais su...
Je passe la nuit à l'abris du vent. Le lendemain, je quitte les fallaises pour un terrain en pente douce vers le Lac. Je charge mon vélo afin de pouvoir pédaler sur ces plaines qui me s'emblent plutôt conviviales. Je prévois faire de la bonne distance en pédalant ainsi... cependant, 30 secondes apres être décollé, je m'apercois que j'ai une crevaison... pas surprenant considérant que la végetation ici est principalement des arbustres à épines très fines... ca te mange les molais à longueur de journée... et tout les arbustres au sol sont munis de telles armures. Je cherche ma cravaison mais je ne la trouve pas... je regonfle mon pneu et je repars que pour m'apercevoir que les plaines sont en fait transpercées de crevasses, dont certaines atteignant une dizaine de mètres... C'est presque impossible de pousser mon vélo et tout mon équipement vers le haut de ces crevasses... les roches les formant s'éffritant sous mes pieds à tout les fois que je tente une enjambée plus ou moins en puissance. Je pers alors beaucoup de temps, et énormément d'énergie... et que dire de ces foutus arbustres... qui me ronge les molais entre chaque crevasse... et mes foutus pédales de vélo, qui ne sont jamais placées à la bonne place et qui contribuent à la déterioration de mes jambes déjà ensanglantées... Passé ces crevasses, il est déjà midi. Mes deux pneus étant maintenant complètement à plat, je dois arrêter pour reprendre des forces et réparer mon vélo. Après un bon pâté à la viande en canne avec des biscottes et de la mayo, je pose trois patch sur mon pneu arrières et deux sur mon pneu avant... ces arbustres font vraiment la peau à mes tubes... Je repars sur des terres certes sans cravasse mais humide... tellement humide qu'elles m'empêchent d'avancer proprement... je pers patience et je commence a avoir les pieds mouillés... ces terres humides hivernales (plaines innondées?) me mettent vraiment en colère... ce qui me lèvent encore plus le coeur c'est ces centaines de bouses de vaches ainsi que ces cadavres de vaches et de chèvres qui trainent partout... plus je veux aller vite, plus je m'enfonce... j'en ai jusqu'au cheville... mes plaies sur mes molais trempent dansces eaux brunes dégueulasses... c'est dégoutant... je quitte enfin ces plaines mais alors pour des mini forêts d'arbustres armés jusqu'au dents. Il y a des miliers de santiers créés par les animaux de la estancia abandonnée du coin (la seule à des km à la ronde d'ailleurs...) dont la plupart mènent nulle part et te pousse à rebrousser chemin... ce qui me fàche et me pousse desfois a traverser directement certains de ses arbustres, me rongeant les molais au sang... quelle merde... mais qu'est-ce que je fais ici...? Encore une crevaison... je dois changer la trippe de mon pneu fraichement enrobé de boue merdeuse et de restant de cadavres bovins... Je m'encourage en me disant que la deuxème péninsule approche et qu'une belle auberge et une bonne bouffe m'attend de l'autre coté... Je campe, je me fais une bonne bouffe... et si j'avais su...
Après une nuit de pluie et de vent, je lève le camp. Je décide de faire comme la première journée et de séparer mes voyages en deux. Mon vélo a trop souffert la veille... et moi aussi... Je reprends la route, avec un pneu encore flat. J'avance a bon train et je traverse la dernière petite colline me séparant de mon but et j'appercois... une autre chaine de montagne et au moins encore deux autres journées de dure labeur... la côte est tellement loin encore... Je tombe a genou... je n'ai presque plus de bouffe... Je suis fatigué... Je suis au milieu de nul part... seul...
Je reprends mes esprits et mon côté rationnel reprend le dessus. Je décide de redescendre à la plage, de laisser l'équipement sur le bord de l'eau et de partir avec le strict nécessaire pour camper, manger et rester au chaud. Direction O'Higgins.
Je repars vers ma destination, je traverse de peine et de misère une rivière en marchant sur un tronc d'arbre ayant succombé à la sécheresse des lieux, je grimpe... mais il n'y a pas de santier nul part... plus je rentre dans cette forêt morte, épaisse, habitée par des roches enrobées de lichens les rendant dangereusement glissantes, entourées de ces arbustres épineux mais cette fois atteignant des hauteurs de 1 à 3 mètres de hauteurs... J'essaie de me frayer un chemin... mais je glisse constament sur les roches... je tente d'escalader certain rocher mais les roches les constituants me brisent dans les main... je tombe dans des arbustres qui m'ensevelissent par dessus tête... une fois, je me sentis mème comme dans une toile d'araignée... Je remonte vers le haut de la montagne, je sors enfin de cette foutu forêt. Le haut de la montagne n'est pas bien mieux... son sol se constitue de miliers de pierres grosses comme des balles de baseball roulant sous mes pieds, me menacant de foulures et même de fractures d'une cheville ou s'un genou... Je ne vois gère la fin de cette forêt... il se fait tard... je suis au milieu de nuille part... seul... ayant presque plus de bouffe... et personne à des kilomètres à la ronde... je commence sérieusement à m'inquiéter... non plus pour mon voyage mais pour la possibilité de me sotir de cette situation les deux pieds devant... ou pire, de devenir un de ces dizaines de squelettes dont j'ai croisé sur ma route depuis le début de ce périple...
Deux solutions s'ouvrent à moi. Je retourne sur mes pas et je reviens vers les estancia habitées au bord du Lac San Martin? Mais alors, j'ai plus de moyen de transport... comment vais-je revenir à la civilisation? Ou je continue vers O'Higgins, ou il y a auberges, téléphone, internet et bouffe... et probablement de l'aide pour revenir chercher mon vélo...
Je n'ai pas le choix vraiment... je dois retourné sur mes pas... tant pis pour mes plans de voyages, je dois sauver ma peau... Je recroise mon vélo, je prends une ou deux pieces de linges en extra et je commence a revenir sur mes pas... Le soleil tombe, je dois trouver de l'eau camper... je dois me protéger du vent.... Je traverse quelques mini forêts de ces arbustres épineux et l'une d'entre elles perce mon bidon d'eau de 4L... Je lève les yeux vers le ciel: "tu veux vraiment ma peau..."
En renversant mon bidon à l'envers, je réussi a arrêter la fuite et a avoie assez d'eau pour me faire un riz au thon.... après ce souper, il me reste alors une pomme, une tasse de riz et une canne de thon. Demain, je dois marcher, sans arrêter... ce que je fis, pendant 12 heures, avec mon sac à dos ainsi que ma tente, mon slipping et ma saccoche avec mon équipement de cuisine en bendouillère... et mes foutus souliers de marches de merde... 12 heures m'arrêtant seulement pour manger ma pomme à 11h, enlever mon menteau et ma tuque à 14h et manger ma dernière canne de thon à 16h30. Je réussi à sortir des montagnes vers 17h30... Je dois alors marcher jusqu'à l'estancia m'ayant héberger lors de ma 4ième nuit de cette étape, parcours que j'avais fais au tout début à vélo et en tracteur.
La traversé des rivières est douloureuse, j'ai omis de remener avec moi mes Crocs... Les roches,quoi que ronde, réussissent à faire souffrir mes pieds meurtries par l'humidité et par

l'interminable marche. La froideur de l'eau, après coup, leur fait grandement du bien!
J'arrive à la noirceur à la estancia... les deux employés s'apprêtaient à manger et m'invitent à table... je dévore le délicieux ragout de beuf qu'ils m'offrent. Ils se montrent très gentils et m'offrent mème de me rammener à Tres Lagos pour 100 piesos (30$) le landemain... enfin c'est ce que je croyais...
Un des deux employés me ramène à Tres Lagos. Je lui donne mon 100 piesos et il me regarde et dit: "non, non, on avait dit 1600 pesos...". Je suis subjugé... c'est genre 400$... ce que je n'a pas... il me demande combien j'ai... je savais qu'il savait que j'avais de l'argent US avec moi et plus que 100 pesos en ma possession... je lui dit que ca n'a pas de sens de me demander ce prix... il me dit qu'il a perdu une demi journée de travail et qu'il doit payer pour le gaz et que la route est super mauvaise pour le camion... je fini par lui donner 10$ US et 200 pesos... total d'environ 60$ canadien pour un lift de 2h... bon... ca aurait pu etre pire...
La gendarmerie me confirme qu'il n'y a aucun bus qui part de cette ville. Je dois retourner vers El Calafate pour pouvoir prendre un bus... Je me réfugie alors à la station service du village ou le couple sympathique m'offre le diner et me trouve même un lift pour El Calafate, un client de la station qui se dirigait par là.
Et me revoici à El Calafate, sans bicyclette et le 3/4 de mon équipement.
Pour me rendre à Villa O'higgins, d'où, j'espere, il sera plus simple de récupérer mon vélo, il me faut prendre un bus vers Rio Gallegos, à 4h au sud ouest d'ici afin de remonter vers le Chili vers Coyhaique pour ensuite redescendre vers O'Higgins... il n'y a pas d'autres chemins possibles...
Je pars dans quelques heures... a 3h am... je veux arriver à mon vélo le plus tôt possible... ma plus grande peur? D'arriver où j'ai laissé mon vélo et qu'il ne soit plus là, les deux bozos de la estancia l'aillant ramener avant moi...
L'aventure se continuera alors en bus... pour les prochains jours...
Je viens d'engloutir 3 gros burgers, une grosse patate au four et 2 palettes de chocolat... je suis a peine plein... je dois aller dormir un peu...
Et l'aventure continue...
Got to go...
:)